Mots-clés

, , , , ,

Toujours vivant !

Je dis bonjour au petit groupe qui me suit après une longue absence, trois mois en fait. Tout un bail pour ceux qui attendent le prochain blog et qui finissent par laisser tomber.

Si je n’ai pas publié d’images, c’est tout simplement parce que je me suis investi dans une série d’images de Las Pozas. Trois mois de travail pour deux jours de prises de vue. Jusqu’à 100 heures de travail pour une seule image. Si vous me définissez comme un obsessionnel-compulsif, vous me rendez hommage. Voici l’histoire de ma dernière folie.

Je suis allé à Las Pozas et, à mon retour, je ne savais que faire avec mes photos. La jungle noie les structures et sculptures dans ses mers de verdure. On n’y voit plus rien. L’autre élément qui s’ajoute est la rapide dégradation des structures à cause du climat tropical qui génère des formes de vie qui dévorent le ciment. Le résultat net est une couleur de ciment foncée. Cette conjugaison détruit toute tentative de surréalisme avec les images.

J’ai laissé mon subconscient travailler pour moi pendant trois semaines afin de résoudre mon incapacité à réaliser une seule image qui rende justice au génie de l’oeuvre. Puis, un soir où je re-re-visualisais mes images, un éclair fulgurant a explosé dans ma tête.

La réponse à mon interrogation était trop banale = Si l’environnement détruit le sujet, alors détruisons l’environnement et ne gardons que le sujet. Une idée folle qui représentait une grande somme de travail, mais j’ai allègrement suivi la muse. J’ai donc découpé les structures manuellement à 400% d’agrandissement… des heures, dites-vous ! Ensuite, le mouvement enclenché ouvre mille possibilités; toutes les folies sont permises.

Les structures flottent, les sources de lumière se multiplient, les arcs se désintègrent, les formes sont insolites, etc. On s’affranchit de la réalité pour entrer dans le surréalisme, l’impossibilité visuelle,  l’invraisemblance,  l’hallucination.

Le cerveau ne parvient pas à saisir l’image rapidement parce que les repères ont été perturbés, déplacés ou éliminés. Il saisit d’autant plus mal parce que c’est une «photographie». Il se dit = Mais qu’est-ce que c’est ? Où sommes-nous ? Pourquoi je ne comprends pas ? Donc, au lieu de regarder l’image comme un ensemble, les yeux font le tour de l’image en quête de «solide».

Je vous en présente une qui découle de cette inspiration, les autres pourraient rentabiliser mon travail un tant soit peu.

Ici, nous quittons lentement la photographie et entrons dans la peinture digitale. Dans cette image baptisée «la chapelle», j’ai retenu les éléments nécessaires et j’ai éliminé toute trace de végétation. Ce faisant, il s’est créé une désintégration de la matière au centre de l’image. Le ciel représente un coucher de soleil à Antigua, Guatemala en mars 2010.

Depuis des années, je cherchais une voie pour me libérer des entraves du quotidien…

Envolez-vous ! Tout est permis.

Envolez-vous ! Tout est permis.

Advertisements